"La chandelle crachote dans son écrin de cuivre
et nos corps consumés
combattants et captifs
en plein coeur du cosmos
- ténèbres courtisanes -
exsudent par tous les pores d'âcres parfums"
Je l'ai rêvée toute la nuit. Nous nous aimions encore et nos chairs inextricablement emmêlées refusèrent de se séparer aux premiers chants de l'aube.
Lorsque Morphée eut relâché son étreinte, j'avais toujours devant les yeux l'étrange mais fascinante sculpture que nos êtres ainsi composaient : véritable casse-tête à échelle divine.
Puis nos âmes empruntèrent la corde de nuages dont Prométhée lui-même se servit pour descendre sur terre, et se
hissèrent jusqu'à l'Ancien Monde...
Dans les interlignes bleus et suaves
TRACES
Feuillage fauve
Pâles écorces
Emanations divines
Il n’est plus de ciel sans cicatrice
Plus de mémoire sans ombre
Toutes les nues clament sa peau
Et mes doigts défaillant sur ce sable trop blanc
MANQUE
Les varechs fantômes
Les rubans verts de l’océan
Douces paupières brodées de perles
Ethylisme galant
Et ce désir
Incisif
Incendiaire
Infini
FOLIE
Sous les roses dentelles de l’aube
j’ouïs encore les chants d’Elle
- quelques mauves cristallines
emportées par la brise -
Impression Soleil Levant
Ses lèvres jouent un soupir
plus long qu’un fleuve roman
File ma blanche nef
sur ces eaux entêtantes !
The Lady of Shalott
Mon oxymore belle à pleurer
de ces instants d’éthernité
qui sont aux anges mélomanes
peuple le ciel jusqu’au couchant
Sun setting over a lake
Je la désire depuis Prélude
au bord des rives misanthropes
Elle est le songe et l’évidence
Ma litanie et ma démence !
Moonrise by the sea
-Eau tu redeviendras eau –
Il faut d’abord que le corps faille
Juste de quoi verser l’idée
Celle qui coule goutte à goutte
sous des enfers la voûte
- Lypémanie circonspecte –
Lourdement
à peines comptées
la rose éclot
Rose des glaces aux roux sépales
si parfois Hardi Phébus ente le froid
Arrimée à la roche
ainsi aime la fleur
Demoiselle impavide
qui n’attend presque rien
sinon que fonde son cœur
La Lune trônait à droite de l’Horloge.
Dans ce débordement nocturne,
toutes deux rivalisaient de rondeur et de pâleur
- lobes exsangues -
8h10 plus quelques pincées de bruine
Je marche
suspendue à l’infini
tributaire des nécessités cosmiques.
Appelez ça songe
latent comme une consonne
Qu’y a-t-il sous l’ombre ?
La persistance d’Elle
Résistance métapsychique
Comment traduire l’onde en mots ?
Ce temple suffira-t-il
Ces colonnes de vers
Toute ma verticalité pour lui dire
…
Elévation à l’Absolu
Je ne sais plus marcher sans la penser
Je ne sais plus attendre sans l’imaginer
Je ne sais plus regarder sans la voir
Encore moins dormir sans la rêver
Je ne sais plus écrire sans l’étreindre
de toute mon encre
contre mon corps
cellulose
8h19 plus quelques notes d’écume irréelle
au coin des ténèbres
Une conque accolée à l’oreille
j’écoute la mer dire des merveilles
et Herse
jouer des cuivres chevelus
Les vents de sable emportent nos pas
vers l’antique cité
ville d’ambre
là cachée
dans un sein atlante
et les statues
de sel – elles chantent –
tout doucement
nos cœurs engloutis
Exquisément
je la contemple
mon Bel Ailleurs
ensorceleur
loin du siècle élastique
Il ne faudra rien oublier
De ces écharpes de brume
tout autour de nos mots
de ces veinures océanes
là sur la peau
Et si le temps s’en mêle
nous referons l’aube
diluvienne
Décembre et quelques cendres
Noires autour des yeux
Pleure chaque lune sa moitié d’elle
Sous les arches muettes
Junon - girandole de flammes -
Au-dessus des arctiques
Image des solstices
Pour leurs âmes tenantes
Décembre aime
Et dans ses rêves de blanches grèves
Juin l’étreint
Immensément
Valse brillante
Lierres azurés
Frimaire attend
Belle saison
Lorsque frémit l’écorce
Sous les caresses vernissées
Ailleurs encore…
Belle Ile-aux-fleurs
Sur tes rochers
Que brumes et vents viennent baiser
Chantent en chœur ou en canon
Les tentatrices aux blanches voix
Moderato Cantabile
Quand des flots naissent les mélopées
Iridescentes /léthifères
Et Leucosie du bout des doigts
Flatte la corde
Frappe l’écaille
Sous le long souffle de Parthénope
Vibre –badine-
L’ocarina
Puis vient le cri de Ligeia
Lame céleste
La Pourfendeuse
Des berges aux grèves dévêtues
J’ai ramassé les gemmes
Les douces endormies
Celles qu’on dit
Larmes de sirènes
Du côté de l’Ys Lande…
Puis vient le cri de Ligeia
Celui qui toujours mène
Au bord de l’eau
Par quelque étrange maléfice
Filles du fleuve, femmes de marins
Dames du Lac
Ont toutes ton regard
Allegro furioso
Lorsque du rêve surgit l’écho
Pénétrant /chromifère
Et l’Onde inespérée
Celle aux cheveux nomades
Tantôt de pluie tantôt de sable
Ensorcelle
Qui - conque entre ses lèvres -
Flûte traversière
Puis vient le cri de Ligeia…
Rossetti Dante Gabriel
- Ligeia Siren -
Sous ma capuche couleur corbeau
j’investis l’extrémité nocturne
celle où je t’embrasse du bout des rêves
et la lune perchée sur mon épaule
chante des notes plus blanches qu’elle
Pierrot c’est moi, tombé du ciel
Etoile collant au macadam
Presqu’une feuille morte
- Ma plume saigne -
Dante aux Enfers
c’est pas si loin
juste à quelques silences de mes lourdes semelles
Postées aux angles de pierre
telles des sentinelles
les croix secouent leurs bras
démesurément verts
Dors-tu encore
Là où je ne saurais être
qu’un bruissement
d’eau
sous tes paupières ?
C’est l’Ame-Moire des Souvenirs
où tintent les fioles en litanies
versicolores
Jolies ballades du Temps Jadis
Miroirs du lac, dansent les bleus
Vers soufflés
Vous êtes encore
de tous mes voyages encore de tous mes crépuscules encore de toutes mes aubades encore
Et si je n’ai rien dit le jour de…
C’est la Mélancolie
Pardonnez-lui
C’est la Mélancolie
Celle qui broche les cœurs, celle qui suture, celle qui ravage
C’est la rime assassine
L’éphéméride embue de larmes qu’on serre dans une paume lâche
Peut-on lire entre les silences
comme on pénètre les astéries ?
D’immenses géodes d’améthyste se brisent au bout du rêve
C’est la débâcle des banquises
interstellaires
Cette nuit encore je sauverai du naufrage
Nos Marquises
Mauves fééries
Puisque vous êtes encore
de toutes mes promesses encore de tous mes mirages encore de tous mes bords
de mer encore
C’est l’Ame-Moire des Souvenirs
où l’ombre de mages noirs voudrait saillir
Mais j’ai la force des airains d’Ys
qui toujours sonnent après mille ans
Ne faites point encore de moi un fantôme
un fantasque
ce désert où l’âme en songe erre
quand je rejoue sans cesse sur le vélin nos caresses
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