Miroir d'eau
Narcisse est une lune déchue
déchue-chu-u-u
redit l’écho
Aux eaux dormantes l’astre est allé
mirer sa pomme vaniteuse
Aux eaux troublantes il s’est noyé
Les fleurs sont belles et vénéneuses
Miroir
mon eau miroir, mon miroir d’eau
Dis-moi
si le reflet vaut tous ces oh !
Ces larmes tantôt pâles comme mes os
Ces peines écarlates et ces doux mots
Le soir on naît marquise ou bien martyr
sous les néons polis des grandes villes
Le soir on est Art triste ou pantomime
derrière des murs de verre, entre les lignes
Narcisse n’a plus de jambes
de jambes-ambes-bes
redit l’écho
Comme une fée des eaux salées
il pleure des vagues et des silences
qui font des ronds, des ri-cochets
là, sur la glace des Apparences
Miroir
mon eau miroir, mon miroir d’eau
Dis-moi
si la surface détient le faux
si l’âme déteint toujours sur les coraux
étranges corps qui dorment
au gré des flots
D’un sommeil de lys où la belle Ophélie
dans son lit de pétales sourit encore
D’un songe grand et bleu où ma belle Folie
dérive tout doux vers la mort
