Si Elle m'était contée...

Publié le par Ed&Charlie


J'entends parfois sonner les cloches

sous les flots calmes de la baie

Résonnent encor' bourdons fantoches

nos corps pris à la dérobée


Près d'une chapelle surgie des sables

tu parles si joliment l'antan

Ta voix redonne souffle aux fables

dans nos âmes vieilles de dix mille ans


Conte-moi les mondes engloutis

la cité dort sur un lit d'algues

un roi qui pour sa fille bâtit

ce grand palais contre les vagues


Combien de grains font une plage?

Combien de liais pour cette tour?

Autant de larmes sur le rivage

laisserons-nous au point du jour!


Lorsque l'aurore découd nos ombres

à l'orée jaune et pernicieuse

un autre masque ouvre la tombe!

Une autre ride que la vie creuse!


Loin de ta peau je vais mentir

à tout ce qui n'est pas ce nous

Loin de ta peau m'anéantir…

Diable de Dieu tourne l'écrou!


La lune est tombée dans le puits

L'eau a perdu son bel aimant

Et tout le jour j'attends la nuit

les yeux de cendres le cœur dément


Ici n'est plus vraiment chez moi

Trop de semblant! Trop de bitume!

Quand tout me crie "Il y a là-bas

libre pensée berceaux d'écume…"


Reverrons-nous les hautes digues

au crépuscule de cette abîme

avant que la mer en furie

ne crache ses flammes aigue-marine?


L'horizon s'ouvre…Fermons l'écluse!

Au liseré de nos paupières

de fines fleurs de sel médusent

le temps comme un "rêve de pierre"


Tu as fondu les clés d'argent

en deux anneaux indéfectibles

et le vent nous dévisageant

porte nos vœux à l'Indicible…

 


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Publié dans Poèmes

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